La cavalcade de la nuit de vendredi à samedi a été enthousiasmante : « Allagrande Mapei » a maintenu des moyennes supérieures à 25 nœuds et couru au portant avec toute la puissance des foils.
La nuit et le jour depuis les caméras de bord
Hier en revanche, c'était le retour du calme : la dorsale de l'anticyclone qui s'étend jusqu'au nord de la France a apporté des vents légers, du soleil et des températures enfin plus douces. Ambrogio en a profité pour remettre le bateau en ordre, vider l'eau accumulée pendant les jours précédents et réfléchir aux prochaines décisions.
À bord pendant la trêve
Au final, « Initiative Cœur » et « 11th Hour Racing » ont suivi son choix en passant à l'ouest de l'Irlande, tandis qu'« Association Petit Prince – Quéguiner » a opté pour le chenal entre l'Irlande et la Grande-Bretagne avec Sam Goodchild. Un choix qui, comme l'avait prévu Ambrogio, paie grâce à la route plus courte et aux vents favorables.
Ce matin a également offert quelques moments de tension à bord d'« Allagrande Mapei ». Au sud de l'Irlande, le vent est tombé presque complètement et Ambrogio a choisi de passer à l'intérieur des Blasket Islands pour rester sous la côte : une situation délicate, avec peu de vent, des courants soutenus, une faible maniabilité et des rochers affleurants à proximité. Heureusement, tout s'est bien passé et Ambrogio a pu reprendre sa course vers le sud.
La trace d'« Allagrande Mapei » à l'intérieur des Blasket Islands
Ambrogio nous aide à tracer le scénario météo à venir :
« Une fois cette dorsale dépassée, un flux d'est-sud-est va s'installer, lié précisément à celle-ci, qui entre-temps se déplacera vers le nord-est. La chose difficile, c'est qu'en sortant au sud de l'Irlande, le vent devrait tourner légèrement à gauche, donc je voudrais être le plus près possible de la côte pour me trouver du bon côté de la rotation. Ensuite il y a plusieurs options : on peut rester au près dans ce flux d'est-sud-est entre la mer Celtique et la Manche, ou descendre plus au sud pour accrocher une autre transition. En pratique, une autre dorsale arrive poussée par une dépression, et à ce moment-là on se retrouverait avec du vent de nord-ouest, en pouvant en théorie rester devant la dorsale jusqu'à l'arrivée. Il me semble aussi qu'en ce moment il fait très chaud en France : lundi, une dépression thermique est prévue sur les côtes françaises, plus ou moins au centre du Golfe de Gascogne, ce qui pourrait rendre la lecture météo particulièrement compliquée. »
Schéma des deux dorsales en jeu dans la phase finale de la course
Une dépression thermique est une zone de basse pression générée par le fort réchauffement du sol, et non par le passage d'une perturbation ou d'un système frontal comme dans les dépressions atlantiques classiques. Ces phénomènes sont souvent associés à des vents faibles et instables, susceptibles de rendre particulièrement complexe la lecture météo et, pour Ambrogio, le choix de la route dans la phase finale de la course. Les routes se sont séparées, mais le Golfe de Gascogne les ramènera toutes ensemble… C'est là qu'on verra celui ou celle qui a bien parié.
Cartographie — 14 juin 08h00

