Les 48 Heures Azimut démarrent fort pour Ambrogio : après le départ de Lorient et le premier dégagement à l'abri de l'île de Groix, « Allagrande Mapei » se hisse immédiatement dans le groupe de tête et entame une longue descente vers le sud, pratiquement bord à bord avec « MACIF Santé Prévoyance ».
©Jean-Louis Carli
"Enfin un super départ en IMOCA", a dit Ambrogio, malgré un cargo passé en plein milieu de la flotte juste avant le virement autour de l'île : un moment spectaculaire vu des prises de vue aériennes, mais pas exactement une promenade de santé pour les skippers. Puis a commencé la course effrénée pour rester devant le front, avec une mer presque plate et des vitesses élevées.
©Jean-Marie Liot
Le départ
« Le bateau m'a surpris, je ne pensais pas être aussi rapide dans ces conditions. On a fait pratiquement tout le bord au reaching avec le J2 et on est le seul bateau dans le groupe de tête à avoir un petit foc, environ 10 % de surface en moins. C'était un angle bas, où avoir plus de toile aide beaucoup, et pourtant le bateau allait à toute vitesse. Je suis très, très content. »
Comme prévu la veille, la première partie de la course s'est surtout jouée sur la vitesse : l'objectif était de rester devant le front et d'en exploiter le vent le plus longtemps possible. Une situation qui a rapidement étiré la flotte, laissant en tête un petit groupe et créant déjà des écarts importants derrière.
Pendant plusieurs heures, « Allagrande Mapei » et « MACIF » ont navigué très proches, descendant vers la bouée au sud presque en match race. Ambrogio est parvenu à repasser devant dans l'approche, choisissant de rester légèrement plus au large pour éviter un gros nuage.
C'est cependant « MACIF » qui la passe en premier, à peine 200 mètres devant « Allagrande Mapei ». Ambrogio a dut ensuite rouler son J0 : une opération qui, comme il l'explique lui-même, coûte environ un mille à un mille et demi et permet à « MACIF » d'allonger la distance.
©Lorenzo Sironi
« J'ai réussi à tenir « MACIF » longtemps, mais quand le vent mollissait un peu il arrivait à s'échapper. À la bouée j'étais pratiquement là, mais pour affaler ton J0 tu perds un mille, un mille et demi, et « MACIF » est passé devant. »
À partir de là la course change de visage. La longue descente vers le sud terminée, commence la remontée et avec elle une phase beaucoup plus tactique. Les bateaux tirent d'abord un petit bord babord amures pour aller passer le front, puis virent à son passage se trouvant alors tribord amures pour un long bord vers le nord-ouest.
©Lorenzo Sironi
Après quoi « Allagrande Mapei » a navigué tribord amures au près très ouvert en direction de l'anticyclone, à environ 65 degrés du vent. Les vitesses ont commencé à baisser en entrant dans la zone de haute pression. Et c'est là que sont arrivées les indications les plus intéressantes pour Ambrogio.
« Je découvre un peu ces conditions aux côtés des autres bateaux et il me semble qu'on va très, très vite par rapport à l'an dernier ou à la Vendée Arctique. C'est une sensation très positive. »
Devant se trouve maintenant une dorsale de haute pression, où le vent devrait diminuer et la flotte pourrait à nouveau se resserrer. Pour « Allagrande Mapei » ce pourrait être l'occasion de récupérer quelque chose sur « MACIF » avant la prochaine phase au portant.
« On espère que dans la pétole de la dorsale on arrivera à se rapprocher de « MACIF » et ensuite jouer le portant. Ça ne sera pas simple, et derrière « Charal » pousse fort. »
Ce matin Ambrogio est deuxième, à 13 milles de « MACIF », avec « Charal » dans ses roues. Mais au-delà du classement, après la vitesse montrée lors des épreuves de mercredi, cette première nuit du Défi Azimut semble indiquer que même dans des conditions où « Allagrande Mapei » avait auparavant un déficit de vitesse, il est resté longtemps en lutte directe avec « MACIF ».
Et l'enthousiasme s'entend clairement dans la voix d'Ambrogio dans les vidéos de bord. Pour l'accompagner pendant ces 48 heures, il y a le reporter embarqué Lorenzo Sironi, à qui l'on doit les splendides images et vidéos qui nous permettent de suivre la course de près.
©Lorenzo Sironi
Lamberto Cesari
Cartographie — 18 septembre, 7h35

