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[Newsletter #6] Juin – Allagrande Mapei Racing : Alla Grande!

[Newsletter #6] Giugno – Allagrande Mapei Racing : Alla Grande!
Newsletter #6 — Juin 2026 · Allagrande Mapei Racing
Newsletter #6 · Juin 2026

Alla grande

Que dire de ce mois de juin. Commencé avec un chantier à clore, terminé avec une victoire que personne n'avait prévue — et entre les deux, toute une aventure. Un mois que nous n'oublierons pas de sitôt.

01

Les Sables d'Olonne

Le début du mois de juin nous trouve aux Sables d'Olonne, au village de départ de la Vendée Arctique. Après un chantier hivernal très éprouvant, seulement quelques semaines de navigation en mai — quelques sorties techniques et la qualification d'Ambrogio — et très peu de repos, nous arrivons au départ avec encore de nombreuses questions en suspens sur le bateau. À nos côtés, comme toujours, Simona Giorgetta et l'équipe Mapei.

Pourtant, avant chaque départ, arrive le moment où il faut arrêter de modifier. Figer l'état du bateau, clore les discussions techniques, accepter ce qui est fait et ce qui ne l'est pas encore. C'est une façon de lâcher prise — nécessaire, et chaque fois difficile à sa manière.

Sur le ponton, dans les jours précédant le départ, l'atmosphère est celle que connaît bien quiconque a vécu un grand rendez-vous sportif : la fatigue accumulée, la concentration qui monte, et cette légère euphorie que l'on ne sait pas expliquer.

La foule dans le chenal des Sables d'Olonne Ambrogio Beccaria dans le chenal

©Lorenzo Sironi

02

La Vendée Arctique 2026

Neuf jours. 3190 milles. Du Golfe de Gascogne au Cercle Polaire Arctique, en passant par les Îles Féroé et les côtes de l'Islande, avant de rentrer par les Îles Britanniques. Une course qui s'est conclue de la façon la plus spectaculaire qui soit.

Ambrogio Beccaria — « Allagrande Mapei »

Vainqueur de la Vendée Arctique 2026 · Première course en solitaire en IMOCA

Avec cette victoire, Ambrogio Beccaria est devenu le premier Italien à remporter une course en solitaire dans le circuit IMOCA. Et depuis 2002 — quand Ellen MacArthur a remporté la Route du Rhum — c'est le premier non-Français à gagner une grande course en solitaire IMOCA.

Les moments clés de la course

-1dép.

La Gazzetta del Cammellone — météo et stratégie

Avant de partir, Ambrogio analyse la situation météorologique prévue pour la Vendée Arctique : fronts atlantiques, dorsales, la route vers le Cercle Polaire et les pièges du Golfe de Gascogne au retour.

7juin

Départ — Le chenal des Sables d'Olonne

Départ à 13h02. Soleil, vent léger et une foule immense dans le chenal. Ambrogio quitte Les Sables d'Olonne pour sa première course en solitaire en IMOCA, salué dans une ambiance de stade.

8juin

Blackout et bords rapides le long de l'Irlande

Une panne électrique plonge « Allagrande Mapei » dans le noir total pendant une vingtaine de minutes. Ambrogio met le bateau à la panne, rétablit le tableau électrique et repart. Dans l'après-midi les conditions se durcissent : vent de nord-ouest en renforcement, mer en constante progression, 30 nœuds et rafales le long de la côte irlandaise vers le Fastnet.

9juin

Le filet de pêche — cinq plongées dans l'Atlantique

À 15h45, un filet avec sa bouée s'enroule sur la quille d'« Allagrande Mapei ». Ambrogio n'a pas d'autre choix : il affale les voiles et plonge dans les eaux froides de l'Atlantique nord. Cinq plongées, presque deux heures de travail physique intense, avec les courants qui font continuellement dériver la coque. Quand le filet est enfin libéré et que le bateau repart, le cri de soulagement s'entend jusqu'en Italie. La vidéo réalisée avec les caméras embarquées et la GoPro devient virale : les supporters s'enflamment sur les réseaux sociaux.

10juin

Les Îles Féroé — "Je suis sur le point de pleurer tellement c'est beau"

Trêve météo. Ciel dégagé, mer calme, vents légers et soleil. Ambrogio se repose, remet le bateau en ordre et se réconcilie avec lui. Au passage des Féroé, les mots parlent d'eux-mêmes. 100 milles du Cercle Polaire.

11juin

Cercle Polaire Arctique — 66°N

Franchissement du Cercle Polaire en direct vidéo peu avant 20h00, dans la très courte nuit arctique. Une bataille serrée d'empannages s'engage aussitôt avec « Initiative Cœur » au large de l'Islande : Ambrogio monte à la troisième place.

12juin

Choix de route et les côtes de l'Islande

Contrairement à Sam Goodchild, Ambrogio choisit la route à l'ouest de l'Irlande pour la descente — plus conservative, mais plus sûre pour un bateau qui n'est pas encore à 100 %. "Je n'avais jamais fait un choix aussi prudent en course." Entre-temps, les côtes de l'Islande se profilent à l'horizon : un paysage à couper le souffle.

13juin

Au portant à plus de 25 nœuds — impossible de dormir

Depuis le passage du Cercle Polaire, « Allagrande Mapei » a enfin trouvé son allure : au portant avec du vent soutenu, les foils qui hurlent, une vitesse qui ne descend pas sous les 25 nœuds pendant des heures. Une nuit de moyennes enthousiasmantes, pratiquement impossible de dormir.

14juin

Blasket Islands et la pétole

Au sud de l'Irlande, le vent tombe presque complètement. Ambrogio choisit de passer à l'intérieur des Blasket Islands pour rester sous la côte : rochers affleurants, courants soutenus, situation délicate. Des moments difficiles pour lui mais tout s'est bien passé. Dans l'après-midi, une dorsale apporte calme, soleil et le temps de ranger le bateau avant le final.

15juin

Golfe de Gascogne — la dépression thermique et la remontée

La dépression thermique sur le Golfe de Gascogne change tout : Sam Goodchild, en tête depuis le départ, s'y retrouve piégé le premier. Ambrogio, resté plus au nord, exploite la petite porte laissée ouverte par le système météo. « Allagrande Mapei » rejoint « MACIF », le dépasse sur la séparation latérale nord et engage un match race nocturne d'empannages.

16juin

3h07 — Arrivée et victoire

« Allagrande Mapei » coupe la ligne d'arrivée des Sables d'Olonne à 3h07 du matin avec plus de six milles d'avance sur « MACIF ». Ambrogio Beccaria remporte la Vendée Arctique 2026.

« En ce moment, je suis très étonné par ce coup de chance immense que j'ai eu. Mais je crois avoir aussi été assez opportuniste en exploitant la petite porte laissée ouverte par MACIF — on a tenté et ça s'est très très bien passé. La course a été magnifique. Il s'est vraiment passé énormément de choses : c'était un voyage incroyable. J'ai vu plein d'îles différentes, les Féroé, l'Islande, l'Irlande, l'Écosse. Passer le Cercle Polaire Arctique, en revanche, ça a été plus symbolique qu'autre chose, parce qu'au final ce n'était qu'un chiffre à atteindre. En tout cas, c'est une course dans laquelle j'ai l'impression de m'être bien économisé : je ne suis jamais sorti de mes gonds. Aussi parce qu'au début j'avais l'impression de peiner un peu, je n'arrivais pas à bien me sentir avec ce bateau qui avait tant de problèmes. Les deux premiers jours ont été assez éprouvants : j'ai eu beaucoup de problèmes électroniques, un blackout, j'ai dû aller sous l'eau pour libérer le bateau de cette bouée maudite. Bref, il s'est passé de tout, et ça m'avait fait perdre un peu confiance. Puis, petit à petit, on s'est à nouveau bien entendus, le bateau et moi. Au point même que j'ai décidé de faire cette route à l'ouest de l'Irlande. Je l'ai choisie justement parce que je ne me sentais pas de passer à l'intérieur : avec un bateau qui n'était pas dans un état parfait, si le moindre petit problème était survenu dans un passage aussi délicat, ça aurait été dramatique. Il y avait beaucoup de trafic, beaucoup de vent, les zones de séparation du trafic — qui sont exactement celles où Élodie s'est retrouvée et pour lesquelles elle a pris douze heures de pénalité. Toutes ces choses, je voulais les éviter. Ça ne m'était jamais arrivé de faire un choix aussi prudent en course, et pourtant ça ne m'a pas du tout pesé. Au contraire, j'ai compris que je ne voulais pas le faire, et je ne l'ai pas fait. J'étais très sûr de moi, très sûr de ce que je pouvais faire, et avec le bateau on s'est super bien compris. »

— Ambrogio Beccaria, à son arrivée aux Sables d'Olonne
Ambrogio Beccaria soulève le trophée L'équipe Allagrande Mapei Racing à l'arrivée

©Lorenzo Sironi

03

Retour à Lorient — réparations post-course

Après la fête et les premières heures de récupération aux Sables d'Olonne, le team a ramené « Allagrande Mapei » à Lorient. Et presque sans pause, le 23 juin le bateau a été sorti de l'eau.

Pour raison, le voile de quille a subi un dommage lors de la navigation au large de l'Irlande, au moment où Ambrogio s'est retrouvé avec le filet de pêche enroulé autour de sa quille. Un dommage qui n'a pas compromis la course mais qu'il faut réparer avant de reprendre la saison.

Cette sortie d'eau est aussi l'occasion de changer les cales de foil. Une opération préparatoire petite mais fondamentale qui ouvre la voie à l'installation des nouveaux foils — ceux conçus et construits cet hiver, qui attendaient patiemment au hangar pendant que les anciens V1 menaient « Allagrande Mapei » jusqu'au Cercle Polaire et au-delà.

« Ce que nous faisons maintenant, c'est la vraie fin du chantier hivernal. C'est le moment où on se prépare à installer les nouveaux foils. On a enlevé les anciens, modifié les pièces qui devaient l'être, et leur installation clôturera l'ensemble des travaux de cet hiver. À ce moment-là, le bateau sera à 90 % de sa configuration finale. Il restera encore quelques petits détails à régler, mais structurellement nous serons au bon endroit.

C'est un gros changement pour le bateau d'accueillir ces foils. Le travail principal, c'est de changer les cales pour les faire rentrer, et en parallèle on travaille sur le gréement et l'accastillage pour que le bateau soit prêt à gérer la charge de puissance supplémentaire qu'ils apportent.

Il y aura forcément des choses auxquelles on n'a pas pensé, et c'est pour ça qu'on a prévu des sessions de navigation en juillet et août pour les découvrir. L'objectif est d'arriver au Défi Azimut avec un bateau vraiment en configuration Route du Rhum, tout tester en course, et s'il devait y avoir des ajustements, on aura encore environ un mois pour les faire avant le départ. Mais l'idée c'est de ne pas en avoir besoin, parce qu'on ne peut pas arriver à la Route du Rhum avec des inconnues. »

— Enrico Bandiera, Directeur Technique
Sortie d'eau Allagrande Mapei — Lorient Chantier post-course — Allagrande Mapei

04

Juillet et le prochain chapitre

Le 30 juin, le même jour que le kick-off de la Route du Rhum à Saint-Malo, « Allagrande Mapei » est remis à l'eau avec ses nouveaux foil prêts à être installés. C'est le moment de comprendre vraiment ce qui va changer. Et à quel point.

Le mois de juillet sera entièrement consacré aux tests et aux entraînements, avec l'objectif d'accumuler des milles sur les nouveaux foils et d'adapter tous les systèmes du bateau — pilote automatique, paramètres de navigation, polaires — à des appendices qui lui apporteront beaucoup plus de puissance.

Les grands objectifs sont déjà définis : le Défi Azimut en septembre et, surtout, la Route du Rhum en novembre. À Saint-Malo, le coup d'envoi officiel de la course a symboliquement clos ce mois de juin. Un cercle qui se ferme, et un nouveau qui s'ouvre.


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